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Renaud Fély

Renaud Fély

sélectionné à emergence pour Pauline et François parrain Philippe Faucon page film

Filmographie

L’Ami (François D’Assise et ses frères) (2016)
Festival de Films CINEMANIA

Pauline et François (2010)
Festival international du film francophone de Namur
Festival du film francophone d’Athènes

Le Passage des bêtes (court métrage, 2001)

Ni blues, ni opéra (court métrage documentaire, 1995)

Luc s’entête (court métrage, 1992)

Entretien avec le réalisatreur

Entretien avec Renaud Fély, Propos recueillis par Bernard Payen (2010)

« Mon scénario était un scénario fragile, axé sur l’intime, dont les enjeux étaient ténus et simples… Je suis intéressé par des choses qui laissent de la place à l’incertitude, à la complexité, au témoignage de la vie… Dans mes films précédents, les sujets abordés nécessitaient moins d’être confronté à la vitalité, à l’incarnation… Avec Pauline et François, un changement de fond et par conséquent de forme s’est opéré. Etre simple et incarné, voilà ce qui est complexe et ambitieux !
Pauline et François est un film sur l’amour, sur l’amitié, qui met en scène des êtres ayant eu affaire à la mort et qui d’un seul coup succombent à la vie. C’est un film sur le devoir d’espoir, sur les tentatives de vie, sur la possibilité de l’empêchement qui rôde encore, sur la résistance de la vitalité, sur le courage d’être simple et de s’aimer.

Casting

Pour le rôle de Pauline, je suis allé assez vite vers Laura Smet qui a répondu positivement. Elle incarne très bien une jeune provinciale potentiellement triste, dont la vie est scellée dans le renoncement. Elle est simultanément force de vie et de joie et ne demande qu’à être révélée…
Pour le comédien, je suis d’abord avec vers Bruno Clairefond, mais je me suis rendu compte à emergence que ce n’était pas exactement le personnage de François. Le rôle a finalement été tenu dans mon film par Yannick Rénier, qui, je crois donne au personnage une facette tournée vers l’enfance et en même temps, une force.

Préparation

emergence, ce ne sont que des devoirs. Et c’est normal, car un premier film, c’est pas mal de devoirs ! En tout cas si l’on envisage de faire un premier film d’auteur un peu ambitieux artistiquement… emergence conditionne beaucoup à la pression, à l’exigence de tous. Ce n’est pas un lieu pour se planquer. On a beaucoup de gens sur le dos et tant mieux ! C’est un exercice très salutaire pour affronter ensuite la réalité d’un tournage. Le staff « mise en scène » d’emergence, à commencer par Hervé Le Roux, est vraiment de bon conseil. Pas du style « mets la caméra là », c’est un véritable accompagnement. Ils viennent aussi au montage, ne lâchent rien.

Les scènes libres

Le choix des scènes a été discuté avec mon producteur et l’équipe d’emergence. De là dépend le nombre d’acteurs, les lieux, les décors, costumes, accessoires, même si on travaille de manière assez sommaire. J’avais choisi une scène où Pauline disait à François qu’elle était veuve. La scène se passait autour d’une voiture. Un moment trivial et en même temps sentimental et profond, entre les deux personnages. Par la suite, cette scène apparaîtra autrement dans mon film… On a travaillé le scénario, jusqu’à ce qu’on le dépose au CNC. Puis, après avoir obtenu l’avance sur recettes, et même pendant le tournage, nous avons continué à le retravailler. J’ai fait des lectures avec les comédiens qui ont donné leurs idées sur le scénario, c’était vraiment formidable. Toute la difficulté est de retrouver de la vie au tournage. Entre emergence et mon film, il y a eu finalement très peu de techniciens en commun. En revanche, j’y ai rencontré une collaboration essentielle, la monteuse Julie Dupré. A emergence, je me suis rendu compte qu’il fallait tout préparer et ne pas trop surfer sur ses acquis. J’ai appris aussi le rapport aux comédiens « connus » et le rapport au temps. Gérer son temps, c’est la chose la plus importante sur un tournage. On ne fait pas le même film si on a un jour ou trois pour tourner une séquence.

Acteurs

Un travail nouveau et différent sur la direction d’acteurs a commencé pour moi à emergence et s’est poursuivi sur Pauline et François. Un jeu vivant et frais, unique, fragile et périssable, voilà ce que je voulais trouver avec les acteurs.
Pas seulement une justesse de directions, quelque chose de plus innocent et incertain, qui nous dépasse tous, qui donnerait l’impression de n’exister qu’une seule fois… Et qu’on voudrait retenir… J’ai compris que parler à un acteur, c’était aussi lui donner envie, le mettre en vie, pas seulement le diriger.
Je ne sais pas si j’ai appris quelque chose de précis sur les comédiens à emergence, mais je n’ai pas pu faire autrement que d’aller vers eux, je n’avais pas pu faire autrement que d’aller vers eux, je n’avais pas le choix. Ne pas aller vers eux à ce moment-là pouvait avoir des conséquences graves pour le film à venir.

Après emergence

Fort de l’expérience tirée du tournage de ces deux scènes libres à emergence, j’ai préparé mon film en connaissance de cause… Le premier jour de tournage aurait été complètement différent si je n’avais pas fait emergence ! J’ai beaucoup appris avec mes deux chefs opérateurs, que ce soit à emergence avec Jean-Christophe Beauvallet et sur mon film avec Alexis Kavyrchine. Après la session, tout est allé assez vite. J’ai mixé les scènes libres d’emergence au mois de mai 2009 et j’ai tourné mon film en septembre ! J’ai fait emergence dans une dynamique de préparation à mon premier long métrage. En faisant emergence, je savais que j’allais faire mon film car j’avais reçu l’avance sur recettes. Le financement s’est complété avec l’aide des régions Centre et Limousin, une Sofica, et une participation de Ciné Cinéma. »