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Pierre Pinaud

Pierre Pinaud

sélectionné à emergence pour Parlez-moi de vous marraine Catherine Corsini page film

Filmographie

Parlez-moi de vous (2012)
Festival international du film de Shanghai
Festival de Films CINEMANIA

Les Miettes (court métrage, 2008)
César du meilleur court-métrage
Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, Prix du jury jeune
Semaine de la Critique, séance spéciale
Festival européen du film court de Brest
Festival international du film francophone de Namur

Submersible (court métrage, 2003)

Fonctions annexes (court métrage, 2002)

Gelée précoce (court métrage, 1999)

Conte de fée (court métrage, 1996)

Entretien avec le réalisatreur

Extrait d’un entretien avec Pierre Pinaud, propos recueillis par Bernard Payen (mai 2011)

J’avais entendu parler d’emergence par des amis réalisateurs anciennement lauréats mais c’est ma productrice Stéphanie Carreras (Estrella productions) qui m’a incité à tenter cette aventure. Elle pensait que c’était une opportunité de réfléchir à la mise en scène du film, de peaufiner la réflexion sur le casting et de donner un coup de projecteur sur ce projet.

Les scènes libres

Pour les deux scènes libres, j’avais initialement pensé à deux registres très différents : une scène assez dure de face à face entre le personnage principal et sa mère et une scène de groupe lors d’une fête sur le ton de la comédie.
Je souhaitais expérimenter les deux climats du film, l’un plus léger et vivant au sein de
la famille en banlieue et l’autre plus tendu sur les failles du personnage. Compte tenu des contraintes de tournage, j’ai du finalement abandonner cette dernière scène, trop compliquée à mettre en place.
Je l’ai remplacée par une scène de flash-back tout aussi complexe mettant en scène une douzaine de fillettes dans un dortoir, se réunissant pour écouter l’une d’entre elles mettre en scène une émission de radio fictive. Cette scène n’existe plus dans le film. Elle était présente dans une version du scénario mais j’ai décidé de la supprimer. C’était pourtant l’une de mes scènes préférées.
Mais il y avait un peu avant une scène où l’animatrice recevait l’appel d’une auditrice qui évoquait son passé et précisément ce souvenir d’enfance. Imaginer cette scène en écoutant cette auditrice et la revoir ensuite en images engendrait une perte d’intérêt. C’était trop redondant.
J’avais déjà travaillé avec une enfant d’une dizaine d’années sur un premier court métrage et j’avais aimé ce travail. Il faut à la fois gagner sa confiance et trouver un dialogue pour le diriger. J’ai fait ce casting d’enfants extrêmement sérieusement.
C’est une grande partie de la direction d’acteurs. J’en ai fait une vraie séance
de travail avec les comédiennes en testant leurs possibilités de variation de jeu, leur maturité de perception du personnage, leur compréhension de la scène.
J’ai beaucoup aimé travailler avec ces toutes jeunes comédiennes et j’ai longtemps hésité avant de supprimer la scène. Mais il s’agissait avant tout de donner une cohérence au film et de donner plus de place à d’autres scènes importantes. Seul flashback du film,
il constituait une sorte de scorie au sein de la dramaturgie.

Karin Viard

Karin Viard était en train de tourner Ma part du gâteau de Cédric Klapisch et n’était pas disponible pour le tournage à emergence. C’était trop compliqué.
On avait beaucoup parlé du rôle avant le tournage du film. Il y avait forcément
une appréhension de la diriger mais elle a été très bienveillante et très respectueuse
à mon égard et nous avons eu dans ce sens une relation très équilibrée, alors qu’il y avait
un risque du fait de son expérience et de sa notoriété.

Les scènes imposées

J’ai ressenti une certaine pression à emergence car tous les travaux des réalisateurs sélectionnés sont ensuite présentés à une projection devant des professionnels.
Pour les scènes libres, je me sentais un peu coincé entre une envie d’expérimentation
et l’évidente obligation de résultats.
Pour les scènes imposées, je me suis senti plus libre et j’ai eu vraiment à cœur, sachant qu’il n’y aurait pas d’impact sur mon projet, de mettre en valeur les comédiens avec lesquels j’allais travailler et de faire en sorte que ce travail puisse leur servir. Je les ai rencontrés avant d’écrire, j’ai passé du temps avec eux et j’ai écrit en pensant à eux. Ils me l’ont rendu mille fois. L’expérience m’a beaucoup servi. Il y avait un véritable enthousiasme dans le travail. Quand on s’adapte aux comédiens et à ce qu’ils nous inspirent, on va dans des chemins vers lesquels on ne serait pas nécessairement allé.
C’est assez étrange, ça nous oblige aussi à inventer.
J’ai gardé très peu de choses de la scène initiale créée par Ilan Duran Cohen si ce n’est ce thème de la filiation qui était en outre proche du sujet de mon film.

Catherine Corsini

Catherine Corsini a lu mon projet et m’a fait un retour. Elle est surtout venue au montage, et m’a offert son regard et son ressenti par rapport à mon travail. On est resté en contact après, c’est quelqu’un qui est aussi beaucoup dans la réflexion et qui aime bien être dans la mise en œuvre, dans la recherche. C’était intéressant de débattre avec elle et de l’entendre parler de Karin Viard avec laquelle elle avait tourné deux films.