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Hubert Gillet

Hubert Gillet

sélectionné à emergence pour Dans tes bras marraine Hélène Angel page film

Filmographie

Dans tes bras (2009)
BIFF
The Alliance Française French film festival

Lune (court métrage, 2002)
Festival du film européen et de premiers films, Mention du jury
Festival international du court-métrage de Huesca, Prix Francisco Garcia de Paso
Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand
Festival international du film francophone de Namur

Entretien avec le réalisatreur

Entretien avec Hubert Gillet, Propos recueillis par Ghislaine Laussel (2009)

« Soutenir les cinéastes dans leur passage du court vers le long-métrage, c’est très bien, c’est un gros chantier ! On se sent assez seul lorsque l’on écrit, il est dommage que les aides à l’écriture soient si peu développées : toutes les faiblesses du scénario se retrouvent lors du tournage, puis au moment du montage. Ma première version du scénario s’intitulait Elle veut qu’on l’appelle Jeanne. Grâce à emergence, je me suis aperçu que cette version tenait plus de l’ordre du moyen-métrage que du long. En effet, lorsque je me suis embarqué dans cette session, tout à coup, j’ai rencontré beaucoup de monde. Cette parenthèse m’a donné l’énergie pour continuer mon projet et retravailler mon scénario car, après la session, j’ai tout remis à plat et j’ai été contraint d’inventer de nouveaux personnages. Elle veut qu’on l’appelle Jeanne est devenu Dans tes bras et le film sort en juin.
emergence m’a permis, comme c’est le cas sur un projet de long-métrage, de rencontrer les acteurs avec lesquels j’avais envie de travailler. Au début, je pensais à Miou-Miou pour le film. Dans le cadre de la préparation de la session de tournage, j’ai pu la rencontrer très rapidement, quinze jours après qu’elle ait reçu le scénario. De cette façon, on sait si on peut s’embarquer pendant huit semaines sur un tournage, il fallait que Miou-Miou me choisisse aussi ! Cela s’est très bien passé et nous devions faire le film ensemble. J’ai tourné mes scènes libres avec elle et Fabrizio Rongione pour le personnage principal qui avait une trentaine d’années. Tourner ces deux scènes durant cette session nous a rassurés l’un comme l’autre. Pour moi c’était très important cette notion de choix mutuel.
Aujourd’hui, par rapport au financement, il y a tellement de premiers films qui se font grâce à la présence de vedettes, de locomotives. Ce qui peut mettre mal à l’aise un jeune réalisateur et avoir une incidence sur le tournage car il n’y a pas eu de véritables choix. Je ne peux pas dire « oui » à un acteur parce que ça déclenchera un financement, il faut que cela fonctionne dans les deux sens.
Après emergence, mon scénario a beaucoup évolué et j’ai rajeuni les personnages. Mon personnage principal était devenu un adolescent partant à la recherche de sa mère, celle-ci n’a plus le même âge et est finalement interprétée par Michèle Laroque. Même si la grande priorité pour moi, c’était les acteurs, j’avais embarqué mon chef opérateur pour lui montrer la façon dont je souhaitais travailler. Quant à l’ingénieur du son, c’est sur la session que j’ai compris que nous ne ferions pas le tournage ensemble, j’ai eu la chance de pouvoir me tromper.
Paradoxalement, sur les sessions emergence, l’autre point positif, c’est le bazar ! Pendant trois semaines, on se retrouve avec des techniciens dans tous les sens et d’autres réalisateurs qui testent, eux aussi, des scènes de leur film. Il n’y a pas de réelles conditions de tournage, ni de véritable budget pour les décors ou les costumes. Du coup, ça apprend à rebondir. A l’intérieur de ces contraintes, on est obligé de faire un film, c’est donc très formateur.
Je me suis débrouillé avec les moyens du bord en me disant que ce « bazar » préfigurait un peu de ce que peut être le vrai tournage d’un long-métrage. Au final, le réalisateur teste son endurance et sa motivation en étant mis dans des conditions de travail intense. Ça ne permet pas de faire le film mais de l’expérimenter.
Avec le recul, ce que je retire d’emergence, c’est le désir de filmer… Il faut vraiment affirmer ses choix, un film naît du choix des gens avec qui on veut travailler. Tout est question de désir dans le cinéma. »