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François-Xavier Vives

François-Xavier Vives

sélectionné à emergence pour Landes parrain Gérard Mordillat page film

Filmographie

Un monde en plis, le code origami (court métrage, 2015)
Festival international du court-métrage et du documentaire de Cracovie

Landes (2013)
Festival des films du Monde de Montréal, Prix de la meilleure contribution artistique
CoLCoA

Noli me tangere (court métrage, 2004)

1860 sur l’extrême horizon (court métrage documentaire, 1995)

Rémanent (court métrage, 1994)

Entretien avec le réalisatreur

Extrait d’un entretien avec François-Xavier Vives, propos recueillis par Bernard Payen (mai 2013)
En 2005, vous êtes lauréat emergence avec votre projet Liéna, qui s’appelle désormais Landes. Où en étiez-vous alors du projet ?

A l’origine, comme pour beaucoup de futurs lauréats emergence, il y a un coup de fil d’Elisabeth Depardieu. Elle avait vu et aimé mon moyen métrage Noli me tangere (avec Maurice Garrel) et m’avait demandé si j’avais un projet de long métrage. Je n’étais qu’au tout début de l’écriture de Liéna (devenu effectivement Landes). Mais son coup de fil a tout accéléré à ce moment-là : j’ai terminé le traitement, le jury a bien aimé le projet, j’ai été sélectionné.

En 2005, vous n’aviez pas de scénario mais vous aviez une productrice, Florence Borelly (Sésame Films), qui a tenu jusqu’au bout !

C’est un long compagnonnage avec Florence. Elle avait produit mon moyen métrage et
a produit Landes. On a résisté ensemble contre vents et marées avec ce projet ambitieux
et lourd à monter. Beaucoup de gens avaient des doutes sur la capacité de Sésame Films à accoucher d’un tel projet. Mais elle ne s’est jamais découragée. Et je suis très heureux qu’on ait pu aboutir ensemble !

D’où est venue l’idée du film ?

Je voulais faire un film sur mon pays d’origine, les Landes, la forêt immense, là où j’ai passé beaucoup de temps dans mon enfance. J’avais fait des recherches aussi sur l’histoire de ma famille au début du XXème siècle.
J’avais aussi envie de faire un film avec un souffle romanesque, un film de “grands espaces”, un Out of Africa dans le Sud-Ouest ! Toutes proportions gardées évidemment (rires). J’avais découvert dans mes recherches l’histoire de cette femme qui a vraiment existé dans les Landes à cette époque. Cette Liéna, forte tête, femme moderne… J’ai vu en elle une belle héroïne romantique. Le film raconte un moment de la vie de cette femme.
Dans une version très romancée bien sûr, ce n’est pas un film historique.

En quoi emergence vous a aidé à l’époque ?

Avec emergence, on plonge dans le vif du sujet. Une partie de la profession reconnaît que vous avez la capacité de faire un long métrage. Jusqu’ici je n’avais pratiquement
fait que du documentaire, de la captation de musique. Je me dirigeais vers la fiction en diagonale ! emergence m’a encouragé et m’a aidé à me sentir légitime. Grâce à Élisabeth Depardieu, j’ai eu pour le tournage de ces scènes des « Ferrari » : de très bons acteurs. Il fallait apprendre à les piloter.
Écrire, réécrire, discuter avec Emmanuelle Béart sur les dialogues, faire résonner ces dialogues avec son énergie, c’était très stimulant. Tester le film à échelle réduite a également contribué à rassurer les gens sur la faisabilité de ce projet.
Un univers, des personnages, des situations : on démontrait qu’on arrivait à mettre en scène ce qu’on écrivait, avec mon chef opérateur co-auteur, Emmanuel Roy, qui a été le cadreur du film et avec le chef opérateur de Landes, Emmanuel Soyer, déjà présent à emergence et qui a commencé alors à construire avec moi l’esthétique du film.
On a élaboré ensemble un langage commun et on a commencé à rêver le film à cette époque-là.

Comment avez-vous réussi à monter financièrement le film ?

On nous a cru morts plusieurs fois ! Il y a eu le temps long de l’écriture avant d’avoir
une version dont on était satisfait. Pour le financement, le film ne s’inscrivait pas dans la réalité d’un premier film français même si on nous complimentait de porter un projet atypique. Ça avait l’air cher et casse-gueule ! Heureusement un jour Sophie Dulac et Canal + nous ont dit : “nous on veut le faire !”
Et la machine s’est enclenchée, ce devait être en 2011. On a fait une coproduction avec
la Belgique qui a très bien marché. Au final, c’est un film aux grandes ambitions, mais au budget modeste. Mais nous avons fait en sorte que ce qui est sur l’écran soit à la hauteur
de cette ambition.

emergence vous a quand même aidé !

Encore une fois emergence m’a aidé à trouver une légitimité, et a donné un coup de fouet
au projet ! Après la session, ma productrice n’était plus la seule à croire que je pouvais faire un long métrage de fiction ! Mais c’était en 2005 et nous sommes en 2013 ! Je faisais partie des mauvais élèves de cette année-là, avec Antonin Peretjatko, qui a réussi lui aussi à faire son long métrage cette année !
Je crois que le film se tient, il est cohérent, c’est un véritable objet de cinéma. Si on voit
les scènes libres réalisées à emergence et le film, on peut y trouver un lien évident, une fidélité au projet initial.

Vous avez gardé les mêmes scènes dans le film ?

L’une des deux. La confrontation avec le régisseur n’existe plus. Mais celle autour du piano existe dans le film presque mot pour mot, même si les actrices ne sont plus les mêmes…

Le film existe au bout du compte !

Oui parce qu’on est têtu ! De toute façon, si on n’est pas opiniâtre, un premier film a peu de chances d’aboutir !